Avec les transfert de Xaxha 45 millions d’euros (vers Arsenal), Batsuayi 40 (Chelsea) et Mané 41 (Liverpool), il semble bien que les anglais soient devenus les meilleurs acheteurs du vieux continents.

Ce mouvement prend racine dans la constante augmentation des droits TV perçus par les 20 équipes de Premier League, surpassant de loin leurs concurrents européens. Au total, plus de 7 milliards d’euros sont dépensés par les deux principales chaines de télévision d’outre manche, pour la diffusion des trois prochaines saisons. A titre de comparaison, la Serie A italienne, deuxième championnat d’Europe en terme de droit TV, a reçu 945 millions d’euros pour l’année 2015-2016. La manne financière dont bénéficient la Premier League influe de manière considérable sur le mercato anglais, mais aussi par expansion, sur le reste du marché européen. Aston Villa, bon dernier du championnat a empoché deux fois plus d’argent que le PSG, premier de Ligue 1 (87 millions d’euros).

Le problème est que cette inflation semble parfois aussi incontrôlable que démesurée et source de spéculation. Certains transferts profitent de l’implication d’une équipe anglaise pour faire fonctionner le principe de vente aux enchères et ainsi faire une marge bien plus importante. Mamadi Fofana, agent français, a déclaré au tabloïd « Sportsmail », que les clubs vendeurs profitent de la puissance financière des anglais, pour faire monter les prix, méthode qu’ils n’emploient pas avec le reste des représentants européens. pogba-vers-le-psg_174217Selon le « Daily Mail », Liverpool aurait proposé 9.2 millions de livres pour le transfert de Piotr Zielinski, refusé par Udinese, alors que dans le même temps le Napoli aurait offert exactement la même somme, mais l’issue serait cette fois plus favorable (dans l’attente de la décision du joueur). Plus de 360 millions de livres ont déjà été dépensé depuis le début de ce mercato et ce n’est que le début. D’importantes transactions se préparent et nul doute qu’avant le 31 août, cette somme aura au moins doublé. Le passage de Paul Pogba à Manchester United est déjà annoncé pour plus de 100 millions de livres et pourrait être le nouveau record du genre. Mais au delà des têtes d’affiches, le mouvement s’applique à  l’ensemble des transactions. Pour exemple :

 

Transfert au dessus de 30M de livres à l’été 2015

Christian Benteke to Liverpool – £32.5m

Kevin De Bruyne to Manchester City – £52m

Raheem Sterling to Manchester City – £49m

Nicolas Otamendi to Manchester City – £32m

Anthony Martial to Manchester United – £36m

Transfert au dessus de 30M de livres à l’été 2016

Granit Xhaka to Arsenal – £35m

Michy Batshuayi to Chelsea – £33m

Sadio Mane to Liverpool – £30m

Eric Bailly to Manchester United – £30m

Ce tableau démontre que des sommes très importantes ont déjà été investies, sur des joueurs moins cotés que l’année dernière, alors qu’il reste encore plus d’un mois de tractations et que les gros coups n’ont pas encore été donnés…

Néanmoins, l’abondance de moyens offrent aussi aux anglais, l’opportunité de vendre à des prix élevés. Considérant que vendre n’est plus une obligation afin de générer le revenu d’un prochain achat, les prix fixés par les dirigeants pour les joueurs en instance de départ, plafonnent eux aussi à des chiffres très élevés. Un exemple : Jordon Ibe a été acheté 15M de livres par Bournemouth, somme jamais atteinte un an plus tôt. L’inflation est telle que ce transfert, d’un joueur qui n’a encore rien prouvé et qui ne fait pas parti des cracks, reçoit la quasi assurance d’une plus-value en cas de revente un an plus tard. Ainsi même les clubs de milieu, voir bas de tableau, n’hésite plus à investir, passant même la barre des 30M de livres.

A moins d’une révolution, les nouvelles règles économiques en vigueurs autour de la Premier League, devraient perdurer. Il suffit de réaliser que les millions investis par les chaines de TV anglaises, ne sont qu’un grain de sable comparés aux investissements de Google, Twitter ou Facebook, qui s’intéressent de plus en plus à la diffusion du sport en direct. Le marché est en pleine expansion, les revenus ne risquent donc pas de tarir de si tôt.