La seule vérité c’est que ça pouvait commencer mieux. Au niveau de l’ambiance, au niveau du vestiaire, au niveau des blessures, au niveau des résultats… Le PSG se présente au grand jour du début en Ligue des Champions avec tout sauf la sérénité nécessaire pour affronter un défi qui pourrait déjà être déterminant pour la suite de la saison. Dans un groupe Arsenal et PSG sont largement les favoris pour la qualification, la 1re place pourrait être déterminante, pas un objectif secondaire. Les Parisiens arrivent au rendez-vous avec un début de saison mitigé: un bon match face à l’OL il y a presque 40 jours, et des tentatives plus ou moins réussies pour la suite. Emery a quand même choisi de prendre, définitivement les choses en main. Ce soir Emery choisit les siens, ses idées, son jeu, ses joueurs. Il veut gagner avec son équipe. C’est sa façon de mettre sa patte sur le PSG 2016/2017.

LE JEU

La défaite face à Monaco a montré les difficultés du jeu d’Emery face à des équipes bien regroupées derrière, discours similaire face à Saint-Étienne,une erreur défensive, plus que les habilités des adversaires ont coûté cher. Normal d’avoir quelques difficultés quand ton idée de jeu c’est plus de laisser le ballon aux adversaires que de le contrôler et que tu te retrouves avec une équipe habituée à rouler avec une moyenne de 60% de possession par match. En Ligue Europa, la saison dernière, le Séville d’Emery n’a tenu autant le ballon que face à Molde et Bâle. Souvent sur les autres matches, c’était l’équipe adverse à terminer le match avec plus de contrôles…mais moins de buts. C’était ça la force de Séville.

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CAS HBA
Une équipe qui veut gagner, qui est habituée a voir sa façon de jouer fonctionner depuis 3 ans, doit s’adapter. Il faut du temps, et le temps c’est le bien le plus rare dans le football. Le cas Ben Arfa-Emery, le clash silencieux (même pas trop) de ce début de saison n’aide pas un vestiaire où l’absence de Ibra est plus lourde de ce qu’on pouvait imaginer.
Le problème ce n’est pas la décision, même si sur le plan sportif on peut s’interroger si Jesé ou Lucas sont aujourd’hui vraiment meilleurs que HBA, mais la façon dont elle est arrivée: après plusieurs reproches publics sur le travail de l’ancien niçois et sans explications directes pour l’intéressé. Un style qui est loin de ce que avait promis l’espagnol après son arrivé au PSG: « Un joueur est avant tout une personne. Pour construire une relation avec lui, la plupart du temps, tu dois d’abord créer un lien avec la personne…Il faut parler, communiquer sans jamais oublier le respect. Plus tu communiques, plus tu es proche d’eux, plus l’union est grande dans l’équipe, plus le sentiment que l’on peut faire quelque chose ensemble est fort ».
Une union, où en ce moment, HBA n’a plus sa place vu que c’est l’adjoint d’Emery qui a pris la tâche de communiquer l’exclusion et qu’Emery n’a pas eu de confrontations directes avec le joueur. HBAoutOn ne parle pas de Messi ou de CR7, mais quand le club a présenté HBA le même jour de l’entraineur c’était pour faire passer un message: c’est ici notre après Ibra. Pour l’instant…on y est loin. Et l’exclusion de Ben Arfa, n’est pas la première, sans explications, qui a été vécue dans le vestiaire parisien. Maxwell après les quelques minutes au trophée des Champions, n’avait plus joué en août…(en tribune à Monaco). La blessure au dos l’a mis KO pour Saint-Étienne et maintenant il va affronter la 1re titularisation par nécessité et par défaut. Mais pour expliquer l’exclusion de Max, 35 ans et pas d’entourage qui parle (trop?), il y avait un Kurzawa au top-niveau, difficile à sortir, même avec ses lacunes défensives. Et on peut être certains que dans le vestiaire Maxwell a encore un peu plus d’importance que HBA. Mais Emery est comme ça: il ne regarde en face personne ni fait des faveurs aux cadres. Il avait bien fait comprendre de sa première conférence de presse que pour lui tous partaient à l’égalité, tous a zéro. Encore une fois c’est son choix, son ménagement. Il a été pris pour ça, le PSG savait quel entraineur était en train de choisir. Et l’a choisi pour ça.

GAGNER

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Les joueurs veulent gagner, et n’aiment pas voir les résultats dès ces 3 dernières saisons mis en discussion. Quelqu’un même publiquement parfois s’interroge sur la direction que ce PSG est en train de prendre: « Je ne sais pas. Le plus vite possible, j’espère – dit Thiago Silva au Parisien – C’est compliqué de tout changer avec des joueurs différents de ceux qu’il dirigeait au FC Séville. Changer vite, ce n’est pas simple. Petit à petit, les modifications vont apparaître ». Encore plus directe Marco Verratti qui hier lançait un message clair à son entraineur et au PSG: « une année de transition ? Non, je ne suis pas d’accord, je ne joue pas pour une équipe qui fait une année de transition, mais pour une équipe qui vise à progresser et à faire mieux que l’an dernier » . Un joueur qui a un statut déjà mondial comme l’italien ne peut pas accepter de jouer dans une équipe qui ne vise pas le plus haut niveau. Si l’effet Emery va tarder à donner ses résultats, on peut imaginer qu’il sera un des premiers a n’être pas satisfaits. Avec Real et Barça qui le suivent depuis plusieures saisons…on peut bien le comprendre: gagner, pour le PSG, c’est une priorité aussi pour conserver ses pepites.

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Mais ce soir c’est Arsenal. Une équipe moins forte que le PSG, au niveau de l’effectif, qui a un entraineur souvent auteur des faux pas en C1 et qui pourrait avoir plus le ballon que les Parisiens, et ça représenterait, finalement, une véritable occasion pour le jeu direct et rapide dont rêve Emery depuis son arrivée. C’est le match parfait pour Cavani, di Maria, Krychowiak et Emery. Il y aura des risques: Thiago Silva, Maxwell et Aurier reviennent de blessure, comme Pastore et Jesé, pourtant préférés a HBA sur le banc. Si ce n’est pas un PSG au 100% à niveau physique, qu’on va voir ce soir il faudra le retrouver au 110% avec le coeur et la motivation. C’est aussi pour ça qu’Emery est arrivé cet été, pour transmettre sa grinta avant les matchs plus importants. Ne vos faites pas trompés par le calendrier: c’est le 13 septembre et Pairs et Unai jouent déjà gros. Gagner pourrait tout faire taire les critiques, qui continueront quand même dans les prochains mois: ce n’est pas un hasard. Di Maria, Cavani, Ibra, Thiago Motta, Thiago Silva, Matuidi, Blanc, Ancelotti ont été critiqués souvent pendant toutes leurs saisons parisiennes. Pourquoi aujourd’hui Emery devrait être différent?