Ces incidents (le mot est léger) s’inscrivent dans un cadre particulier, au terme d’une saison, ou plutôt dans la continuité de plusieurs années d’une sorte de lutte des autorités françaises contre les violences dans le football. Ces dernières n’ont cessé d’enchaîner des mesures liberticides, comme des interdictions de déplacement dans des stades, voire dans des régions de France, systématiques, dès qu’elles redoutaient le moindre incident. Et la moindre personne qui bafouerait ces arrêtés serait immédiatement interdite de stade, obligée de pointer dans les commissariats de France.

C’est sûr qu’en interdisant les gens de sortir de chez eux, il n’y a plus d’incident. Si on avait bloqué en Angleterre et en Russie tous les hooligans / ultras / supporters (puisque chaque catégorie est autant victime des mesures d’interdictions) dans leur pays, il n’y aurait jamais eu de problème sur le Vieux Port. Mais ce n’est pas comme ça qu’on résout des problèmes. Ce qui ressemble à une mesure d’urgence est devenue un principe. On craint la moindre bagarre ? Pas de déplacement ! Ou comment « résoudre » un problème en surface et non en profondeur.

Aujourd’hui, on paye ce manque de solution trouvée depuis des années. Pourtant, le commissaire Boutonnet, numéro un de la lutte anti-hooligan, a refusé de parler d’échec après les violences de Marseille, pendant qu’un homme est entre la vie et la mort et que de nombreux blessés sont à déplorer.

Peut-être, aussi, que les autorités se sont tellement focalisées sur la lutte anti-terroriste qu’elles en ont délaissé la gestion des fans étrangers, et surtout de sa frange violente, minoritaire mais trop visible.

Il s’avère aujourd’hui que, dès le deuxième jour de l’Euro 2016, la France n’était pas prête pour accueillir et gérer les hooligans et les individus ultra-violents. Elle va devoir vite rectifier le tir parce que les sélections vont changer de villes, et d’autres matches à risque vont se jouer.

Il faudra ensuite espérer qu’au sortir de la compétition, les autorités tireront des leçons de leur échec, en prenant quand il faut les mesures justes, et non plus les arrêtés préfectoraux liberticides à gogo, assortis d’interdictions de stade. Ce n’est pas gagné…