jeseL’amour de jeunesse prend du plomb dans l’aile. Entre Jesé et Marca, il aura fallu un simple éloignement pour rompre un rapport d’affection/reconnaissance qui durait depuis les jeunes années du buteur. La rupture de Jesé avec le Real Madrid, c’est la disparition de l’objet, la perte du sens commun et les premières émanations d’une aigreur tentatrice sur fond de déception. Marca n’a pas attendu bien longtemps avant de donner des signes de désamour envers le jeune attaquant originaire des Canaries. Déçu par celui qui avait déclaré, avec une confiance certaine, sa volonté de remporter un jour le ballon d’or. L’article s’intitule : « Ce qu’il aurait pu être et n’a pas été ». Une ambition élevée, même si le joueur a montré, durant l’ensemble de son parcours, combien il est talentueux et détient les arguments pour étayer sa déclaration.

Les jeunes années de Jesé ont toujours véhiculé beaucoup d’enthousiasme, si bien qu’il est rapidement devenu le favori de Florentino Perez. Malheureusement, le talent du joueur est proportionnel à ses excès et son mauvais caractère. S’il a montré une extraordinaire faculté à éliminer en un contre un, Jesé a également était protagoniste de gestes moins flatteurs. Alors qu’il joue encore avec le centre de formation (cadete), il se bat avec l’un de ses coéquipiers, laissant entrevoir les premiers traits d’un caractère bien, voir trop, affirmé. Une bravade qui lui vaudra six mois loin des terrains. Mais l’exclusion ne dure pas, le Real sait qu’il tient un véritable talent. A peine majeur il intègre l’équipe première et participe aux entraînements. Conjointement, il permet à la Castilla de réaliser la montée et la plus belle saison de son histoire. Pourtant, les mauvais démons de Jesé vont resurgir, alors que son rêve merengue prend forme.

Participant pour la seconde fois à la désormais traditionnelle tournée américaine de pré-saison du Real Madrid, il refuse de prendre part à un exercice avec le gardien; on ne le reverra plus de la saison. Néanmoins, Jesé continu de briller avec l’équipe B, marquant jusqu’à 22 buts cette année là. Après le départ de Mourinho, le voilà de retour en équipe première. La chance semble lui sourire, Ancelotti lui offre sa confiance et Jesé le lui rend bien. Il s’avère pourtant que, lorsqu’il ne se tire pas tout seul une balle dans le pied, c’est une blessure qui vient le stopper en pleine course… Son retour est difficile, il a perdu continuité et confiance, à tel point qu’il ne joue que 14 matches titulaires, sur 61 apparitions, pour un total de 10 buts. Des statistique insuffisantes pour l’exigent Real Madrid.

Marca passe à l’attaque et sort du placard des histoire de son passé, des problèmes de relations dans le vestiaire surtout avec le staff de Benitez, en profitant de la protection de Arbeloa et Ramos.

marca JESE
Marca.com 04/08/2016

« Aux antipodes de Morata, Nacho, Carvajal ou Lucas (Vazquez), à l’intérieur comme à l’extérieur du terrain, son image n’est pas celle du gendre idéal, ni du joueur modèle du Real Madrid. Ce dernier a été un exemple clair, en opposition, avec ce qu’a été Jesé cette saison. Lucas a débuté comme dernier de la liste, et il s’est retrouvé en première ligne: protagoniste à San Siro et lors de l’Euro. Jesé ne joua ni à Milan, ni en France. Il n’est donc pas un vrai international »

Plus qu’un au revoir , un papier d’adieu, sans remerciement pour les services rendus.

De là est arrivée la suggestion PSG, une manière de se relancer et de trouver du temps de jeu dans un club peu garni en attaque. Marca, d’un ton railleur, a souligné la rigueur du travail d’Unai Emery, laissant entendre une possible inadéquation avec le caractère du joueur (qui refusa l’exercice avec le gardien aux USA); sans omettre d’expliquer que cette nouvelle association est une chance pour lui de s’aguerrir et, pourquoi pas, de changer. Pour Marca c’est déjà la dernière occasion du jeune attaquant, de maintenir dans le champ des possibles, ses ambitions de ballon d’or. Avant de l’accabler sous la pression, le journal espagnol ne manque pourtant pas de rappeler à la face du monde, le deuxième « talent » de Jesé, à ses heures chanteur de reggeaton… Pas sûr que ce soit une bonne note pour Emery.