Sans se lancer dans des pronostics très improvisés et sans parier, porté par l’enthousiasme, sur ce que pourrait être le chemin européen de l’Italie, la soirée d’hier donne à l’Euro la première vraie preuve de force et le premier exploit de la compétition. Face à une équipe numéro 2 au rang FIFA (même si tout le monde ne s’en souvient pas), la squadra a maitrisé totalement son adversaire et peut penser à gérer une poule dont, désormais, elle est la favorite pour la première place.
Il y a trois images qui résument bien la soirée italienne et l’état d’esprit qu’Antonio Conte a transmis à ses joueurs.

Le sang du cannibale
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Dans l’histoire de l’entraineur Antonio Conte, on se souvient d’un discours fait aux joueurs de la Juventus en 2012, en demandant de ne pas perdre la concentration dans les dernières journées, de continuer à donner le maximum sur le terrain et d’aller chercher un titre qui au début de saison était inespéré. « S’ils veulent venir nous prendre la première place, ils devront cracher du sang » disait-il des joueurs de Milan, deuxième. Un sang qui a coulé hier pendant une célébration intense sur le but de Giaccherini. Aujourd’hui, dans la presse italienne, on compare cette image avec celle d’Hannibal Lecter. Pour l’instant il a mangé la Belgique. Mais l’appétit du cannibale, n’est pas encore assouvi.

Du Champs de Mars à Saint Denis
italia vs belgio

La Belgique est restée assise regarder la Tour Eiffel et la magie des lumières parisienne. L’Italie, par contre, est partie. Direction Saint-Denis. On n’est pas en train de regarder plus loin, trop loin. Ni aux huitièmes de finale (si l’Italie remporte son groupe, ce sera au Stade de France face au deuxième du groupe de l’Espagne et de la Croatie) ni surtout à la finale. En regardant les statistiques du match d’hier, il y a un chiffre qui saute aux yeux : les Italiens ont couru 11 kilomètres de plus que leurs adversaires. La distance qui sépare le Champs de Mars et le Stade de France. Avec les équipes de Conte, c’est toujours comme ça : les joueurs doivent tout donner. Dépasser leurs limites. Faire toujours un pas de plus que leurs adversaires pour arriver sur le ballon. Après, les pas deviennent des mètres ou des kilomètres…un, deux, trois, jusqu’à onze.

 

L’union sacrée du groupe

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Quand Gigi Buffon, à la 90ème minute, quitte sa surface pour aller féliciter Graziano Pellé sur le but du 2-0, ce n’est pas seulement parce que l’arbitre est en train de siffler la fin du match. Non. Cette image est le symbole d’une Italie qui vit cette aventure ensemble, avec une union sacrée qu’on n’avait plus vue depuis les nuits magiques de 2006. Un groupe, une équipe qui suivent mot par mot ce que dit Antonio Conte sur le terrain. Comme une vraie équipe de club, bâtie, quand même, en seulement 20 jours. Presque un miracle. On joue ensemble, on vit ensemble, on meurt ensemble (sur le terrain). Pellé, pendant le match d’hier, s’est même blessé le doigt d’une main. Une luxation qui a été soignée au bord terrain pendant que Conte, furieux, lui demandait pourquoi il perdait du temps à se faire soigner. Mais pour l’avant-centre de Southampton, ce reproche a été seulement une source d’inspiration. Il a résisté à la douleur. Il est retourné sur le terrain et a marqué le but de la délivrance. La joue de Buffon est aussi la conséquence de son sacrifice.

La Playstation humaine


L’image n’aurait même pas besoin de commentaires. Sur le terrain, le bloc défensif italien se déplace à l’unisson. Il danse. Les mouvements sont tellement parfaits qu’on dirait que les joueurs sont sous le contrôle d’un joystick dans les mains d’Antonio Conte. Du banc, l’ancien entraineur de la Juventus fait bouger les siens avec un seul cri, un regard. Ou parfois sans rien dire. Eux, sur le terrain, ils savent déjà ce qu’il faut faire. En regardant ces images, qui pourrait dire le contraire ?