Il a suffi d’un ultimatum, de l’imminence d’une décision, d’une échéance qui s’impose, pour provoquer cette décision partagée. Désiré par plusieurs clubs de Serie A, Gianluca Lapadula a finalement décidé de s’engager avec les rossoneri, pour une durée de cinq ans, contre la somme de 9 millions + 1 de bonus, versée à Pescara.

A 26 ans, Lapagol semble enfin parvenu à se faire un nom, fort de ses 30 buts inscrits en Serie B, et prêt pour faire ses premiers pas dans l’élite du football italien. Celui qui a été recalé à l’âge de 14 ans par la Juventus, doté d’un caractère très affirmé, a continué de persévérer tout au long de son itinéraire atypique. Après avoir bourlingué dans toute l’Italie et au delà (il fait son année d' »erasmus » dans le club slovène de Gorica), il atterrit dans les Abruzzes où il donnera pleinement la mesure de son talent.

Au delà de son efficacité impressionnante, Lapadula est un joueur hargneux et déterminé, au caractère inspiré par ses années de vaches maigres et la nécessité d’adopter une mentalité de champion. Le lien entre le récent parcours du Milan et celui de son nouvel attaquant est tout trouvé : privés de réussite durant une longue période, l’appétit commun les a sans doute réunis à la même table… Celui que l’on surnomme « Sir Gianluca », en hommage à Sir William Wallace, héros médiéval et artisan de l’indépendance de l’Ecosse, joué par Mel Gibson dans « Braveheart », ne cache pas son admiration pour ce valeureux modèle, qui l’encourage à entretenir l’abnégation dont il a fait jusqu’ici preuve et récolte à présent les fruits. Celui qui dit vouloir « mourir sur chaque ballon » n’a pas volé son surnom.

Son transfert coïncide avec la volonté de Silvio Berlusconi de reconstruire son club autour d’acteurs italiens, de lui donner une forte identité nationale et d’en finir avec l’échec des paris sur la jeunesse conjugués à l’encadrement par de vielles gloires en fin de carrière. Finis donc les Van Basten, Sheva, Ibra ou Kaka, l’emblématique président a décidé de fonder un groupe sérieux, avec des joueurs au service du collectif et un passeport, de préférence, italien.

Malgré les négociations pour la vente du club, l’ancien président du conseil continue d’imposer sa vision des choses et n’est pas prêt d’abandonner le club qu’il a emmené sur les sommets. L’afflux de fonds étranger représente un éloignement avec l’Italie, avec l’esprit du club et son histoire, et c’est naturellement que Berlusconi, s’il venait à partir, voudrait lui insuffler une dernière fois sa conception des choses.

Né d’un père italien (des pouilles) et d’une mère péruvienne, Lapadula revendique pleinement son attachement au pays qui l’a élevé, affirmant même son ambition de jouer pour la Nazionale (déjà proche d’être appelé pour l’Euro 2016). Le patriotisme du désormais ex-attaquant de Pescara rentre en adéquation avec le projet de son nouveau président. Auréolé de cette reconnaissance, bien que tardive, Lapadula célébrera une seconde union dimanche, celle avec la belle Alessia.

FOTO IPP/LUCIANO ADRIANI TERAMO 09/05/2015 CAMPIONATO DI CALCIO NAZIONALE LEGA PRO 2014 2015 TERAMO-ASCOLI NELLA FOTO: la proposta di matrimonio di gianluca lapadula alla fidanzata alessia in tribuna che mostra l' anello